dimanche 28 septembre 2008

Avant-dernier message avant fermeture

Ce blog devait durer trois mois. 

Il n'a pas été aussi fourni que nous l'aurions aimé. Il est resté plutôt confidentiel. 

Nos posts n'étaient pas des révélations, rien pour créer ou alimenter un buzz, nos posts n'étaient pas sulfureux, comiques ou didactiques ; nous n'avons pas de relations e-connues, nous n'avons jamais rien fait qui ne mérite la vidéo sur YouTube ou la brève locale, nous ne sommes pas des internautes engagés, commentateurs invétérés sur des dizaines de sites, postant sur des blogs très visités. Nous n'avons à peine réseauté, osant dédaigner Facebook : Célie s'y est inscrite, mais a déserté le réseau, j'y suis absent.

Nous n'avons pas bougé notre cul sur le Net pour qu'on le voit parmi tous ceux qui frétillent, les uns à la fesse gauche tatouée : "c'est la faute à Sarkozy" ; les autres essuyant sur la Toile leurs défections sur leur pouvoir d'achat.
 
Nous ne vivons pas à l'intérieur d'Internet. Nous avons passé trois mois à devenir adultes. Adultes ou peut-être lucides, adultes ou peut-être hyper réalistes, adultes ou peut-être opiniâtres.

Vous pouvez  lire le récit de ces semaines en cliquant sur  le premier post intitulé " Mathis Jour 1",  ce ne sont pas les commentaires à chaud des dépêches de l'AFP de l'heure mais je pense que leur actualité n'est pas obsolète, que notre histoire peut faire dessiller quelques jeunes inconscients, et faire réfléchir leur aînés sur l'orientation de leur progéniture.

photo : http://gimp-savvy.com/PHOTO-ARCHIVE/

samedi 27 septembre 2008

Se préparer à innover.


Je vais rester chasseur de têtes. Pendant un an, maximum deux. Ma période d'essai prend fin : mon manager est content, et veut augmenter mes objectifs. 
Démarcher des  boîtes de jeu vidéo ? A ma proposition, il a haussé les sourcils puis a approuvé.  Trouver des missions de  spécialistes en neurologie et bio informatique, ingénieurs ou médecins, c'est mon deuxième but mais j'attends d'avoir fait quelques enquêtes prospectives au niveau des laboratoires avant d'en parler.

Comment et quoi réaliser au niveau professionnel ? J'y ai réfléchi souvent ces derniers mois, comme Célie, comme mon frère. Génération sans loyauté.

Monter une start-up. Ensemble, tous les trois.
Une start-up créant des jeux vidéos pour améliorer la santé. La Wii le fait dans une certaine mesure, elle est utilisée pour la rééducation dans les hôpitaux, pour les brûlés, pour les personnes âgées.
SmartbrainGames avec la NASA a trouvé des jeux pour améliorer la concentration des enfants et certaines pathologies.
Mais il reste encore à explorer.
Célie, la future Game Designer aux compétences d'ergonome psychologue, qui créera ; Guillaume, le gestionnaire et financier, futur diplômé d'HEC qui planifiera et dirigera et moi le chercheur de talents et commercial, qui recruterai, fidéliserai, motiverai. Nous serons le noyau dur de la  start-up. Nous en avons parlé toute la nuit. Nous avions tous les trois quelques projets de création, en forme de puzzle dans notre esprit : nous les avons assemblé. 

mercredi 24 septembre 2008

Je vais aider les vieux à s'éclater ou pisser du code ?


Concours d'entrée à l'école nationale des jeux vidéos (Enjmin) 
Célie Martin                                     ADMISE.
Je vais travailler dur. Je vais travailler dur pour que ce master Jeux Numériques option ergonomie me donne un emploi. Je vais travailler dur pour faire partie d'une équipe qui conçoie des jeux pour les vieux, les autistes, les tristes, les gros. C'est moi qui sera l'attention au confort tactile, visuel, au design des touches, à la maniabilité des commandes, au plaisir physique des actions... 

 
Les nuits et les jours de travail d'août et de septembre à m'immerger dans la game culture. Pas simplement en  joueuse ou en observation. Devenir geek, un geek doué d'une fonction Business, et d'une autre Project. 

J'ai réussi mais ai-je réussi un concours qui me prémunira du Chômage ? Quelques clics et quelques mots clés sur les sites d'emploi ne me rassurent pas. 

 Ergonome Jeux vidéos : aucune annonce ne correspond à votre recherche. 

Ce sont des Level Designers, des Game Designers qui sont demandés, vais-je avoir quelque chose ? Puis-je devenir au moins Level Designer  ? Ce n'est pas un métier à grand effectif. 

Je suis également  admissible pour faire une formation de webmaster analyste-programmateur, un an ou deux ans de formation avec stage et j'aurai un emploi. C'est sûr.

Cependant, le diplôme est moins prestigieux, moins élevé. Et, cela ne me fait pas briller les yeux. 

Moi, la chômage-phobique,  je prends le risque.  Du master professionnel Jeux &Médias Interactifs numériques coloration ergonomie.
En plus, comme assurance, je vais  apprendre la programmation le soir avec des tutorials. Dans deux ans, je devrai maîtriser C et C++ .

De toute façon, on ne peut pas être vacciné contre le chômage.  Il faut avoir le comportement préventif  : connaître les compétences demandées sur le marché, accepter tout emploi aux conditions légales  surtout lorsque l'on est junior ou senior. Et veiller. Veiller en permanence.

C'est un master de deux ans avec une troisième année possible pour projet personnel. Si mes travaux et mes stages ne sont pas assez convaincants pour les employeurs,  je prendrais la troisième pour surenchérir.

Je vais travailler dur. 

vendredi 19 septembre 2008

Réorganisation universitaire & reclassement des étudiants refoulés

"Mais on ferait quoi des refoulés à l'entrée  ? j’interroge Célie, fermement décidée à établir un quota d’étudiants pour la fac.  

 - On leur propose d’autres filières....

- Exemple ?    

- Quelqu’un qui postule à psycho, on le met en formation de puéricultrice ou auxiliaire de puériculture, ou aide médico psychologique pour les personnes âgées ou autre selon ses choix. On pourrait aussi en mettre en biologie informatique, enfin d

ans les voies  en demande.

Mais il restera quand même des étudiants vu le nombre qui vont en première année de psycho, on ne peut pas tous les recaser dans d'autres formations...

-       Pas sûr, si on en arrête certains après la troisième : pour être coiffeur, faut avoir un peu de psychologie afin de bien savoir quelle coupe veulent les gens…

-       On pourrait en mettre en marketing aussi.

-    Oui, y faut connaître les gens pour  connaitre les clients, approuve Célie. On pourrait les mettre en alternance dans un département marketing et leur donner une option "psychologie du comportement consommateur " si ils veulent"

-       Donc on fait notre quota par filière mais comment les établit-on ?

-       En fonction du nombre de diplômés de licences et masters que l'on souhaite pour le marché de l'emploi.

-      C'est un véritable Selling Students Planning  que tu nous lances là ! Tu vas nous mettre les antichambres des partis politiques, ces syndics d'étudiants qui n'étudient plus que l'art de causer aux journalistes  dans la rue et chez le Ministre... Et la recherche ? Il en faudrait une bonne, une vraie !

-       Pareil : on établit combien de chercheurs on veut dans quel domaine et on sélectionne à la fin de la licence qui est constituée de deux ans d'apprentissage et un an à l'étranger des étudiants capables de proposer un projet de recherche  

-       Et si quelqu’un veut étudier l’histoire de l’art ?

-   On le met en publicité, en infographie, animation 3D ou en immobilier et à chaque fois avec option histoire de l’art si il le veut...  

-  Et les frais ?

- Les étudiants sont en apprentissage donc payés, ils versent 5% à la fac.

- Tu as pensé à tout..Mais entre les stagiaires et tous ces apprentis, restera-t-il assez de places pour les jeunes diplômés ?

- J'interdis les stages sauf ceux de découverte : maxi trois semaines, dit Célie d'une voix ferme."

Et  j'ai l'impression qu'elle n'a pas que des idées de jeux vidéos entiers dans sa tête, qu'elle a y crée un système d'études universitaires intégral. Jusqu'où est-elle allée ?  Elle a peut-être imaginé un nouveau lycée, vraiment nouveau, pas un toilettage rituel, elle a peut-être imaginé une nouveau collège, une nouvelle école primaire....Je l'interroge, elle me répond en rougissant que oui : 

"Oui, j'ai tout un système éducatif là dedans... Et c'est mouvant. Je réfléchis sur un cours de finance pour troisièmes avec étude de la déclaration en ligne des impôts, du crédit, des mutuelles...."

Si seulement on pouvait créer des prototypes scolaires, comme on le fait pour des yaourts ou des prologiciels....

photos :Photos Libres

lundi 15 septembre 2008

Une politique universitaire de quotas


Elle se ronge les ongles, se grignote le sommeil, se tord le ventre : Célie est en environnement d'attente, un peu bloquée. Elle a passé les épreuves d'admission de l'Enjmin, d'autres entretiens pour des masters secteur multimédia et, les réponses vont tomber dans les prochains jours.  Ne peut pas partir se détendre, ne peut pas commencer une activité, ma petite chérie, alors elle cherche des  formations en cas de refus généralisé. 
Vous ne voulez pas la charger de refaire le site de l'ONISEP, ma Célie ? Elle saurait l'actualiser, elle qui se plaint tellement de leur présentation obsolète des métiers et qui pourrait orienter quelqu'un qui s'intéresse à la macrobiotique,  comme au nucléaire ou au droit des robots.
Pourquoi n'est-elle pas devenue conseillère d'orientation-psychologue ? "J'y connaissais rien il y a quelques mois et puis je déteste ces conseillers, qui ne disent jamais que le projet du gamin est complètement foireux, qu'une école de cinéma c'est pas une idée de métier..."
Elle suit avec grande attention les réformes de l'université :
" T'es fan de Valérie Pécresse ?"  Je lui demande alors qu'elle regarde le blog de la Ministre
Elle se récrie et je la mets au défi :
" Ce serait quoi pour toi une bonne fac ? Un bon système de facs ?
- Ce serait une fac avec des quotas, quotas d'étudiants par filières.Une fac avec apprentissage dès la première année ; une fac où les profs sont pédagogues, sont sélectionnés sur leur capacité à donner un cours ; une fac où les bibliothèques sont ouvertes le soir, une fac avec des cours en anglais, un système universitaire administratif zéro papier : chaque étudiant a son dossier en ligne qu'il garde même en changeant de fac... ( suite demain)

vendredi 5 septembre 2008

la littérature du curriculum vitae


La littérature CV est une matière qui s'enseigne à Bac + chômage : on trouve des cours sur Internet sur les sites d'emploi, on trouve des cours à l'ANPE et dans tous les endroits sociaux.

Le programme n'est pas fixe. Il existe plusieurs courants qui évoluent suivant les modes et les secteurs. Chacun sait qu'il ne faut pas écrire cinq pages et éviter les phrases proustiennes. Les CV les plus basiques proviennent des gens qui n'ont pas besoin  de se vendre en s'époumonant sur le marché " Achetez ce beau jeune bien frais, motivé, mobile, seulement 25 Ke !"
Ce crieur de marché écrit généralement un slogan en en-tête de son CV : La communication, une passion que je veux mettre à votre service. Il fait des effets graphiques sophistiqués qui ne permettent pas de lire dans le bon sens et trois phrases pour simplement dire qu'il se débrouille en anglais et ajoute qu'il a été deux semaines en voyage linguistique.

Le cv du gars chassé, lui est sans couleur, sans image, police uniforme. Ni résumé ni titre. Il n'est pas à jour et il est elliptique. Dates, poste, lieu. Il faut lui retéléphoner pour lui demander ses résultats, ses clients. Lui dire de faire une rubrique extra-professionnelle.

Dans les différents courants de l'art CV, il existe l'école orienté business : des chiffres à chaque ligne. Le pourcentage de dépassement des objectifs, le montant des contrats, le nombre de contrats. Ils  liront à peine la partie diplôme. Contrairement à l'école élitiste à la française.  
Pour celle-ci, l'important est de bien noter la promotion de la grande business school ; ensuite, ils vont regarder le nom des entreprises ( il ne faut pas que ce soit des PME mais le Cac 40, trois ans mini) Ensuite l'anglais, et l'autre langue : n'importe quoi, pourvu que cela ne soit pas un dialecte africain, un critère valable aussi pour l'école orientée business.
Enfin l'âge, pas de jeunes, pas de vieux. Vive la France !

Il existe aussi un courant qui souvent s'amalgame avec les éléments des deux autres écoles car on le trouve rarement à l'état pur : il s'agit de l'école Personnalité.
Il faut avoir des activités extra-professionnelles, s'investir dans une association, un sport... Avoir des passions peu communes, avoir monté des projets. Avoir habité dans un autre pays.
Un candidat qui est pilote de BMX, et pratique parfois le ball-trap (sport de tir) , anime une communauté virtuelle pour pères d'adolescents, (il en a trois),  qui aime la TeckTronic et le slam, lit des essais d'économie et a travaillé en Corée du Sud pendant trois ans. 

Mais l'école Personnalité ne donne pas l'expérience et les diplômes, elle permet de savoir que l'individu est persévérant et aime le risque (BMX), est solidaire, empathique et dans son temps (communauté d'ado) ouvert, curieux, cultivé ( son goût pour le slam et l'économie) et adaptable. (Corée) 
Et le candidat  risque de ne pas être assez servile, ou dévoué - pour être moins péjoratif-, ou loyal et très disponible pour employer les mots euphémismes du client. (qui vit pour et à son travail)


Donc la littérature du CV : ne surtout ni faire un roman ni une affichette publicitaire. Etre concis et précis, mots clé, missions majeures et niveau réel en langues. 
Les formes imposées de poèmes en alexandrins ont autrefois crée des vers de contorsionnistes géniaux. Le Cv n'est pas un art, me direz-vous. Peut-être, mais c'est un exercice de bravoure interactif. Un lecteur recruteur, un écrivain candidat : le premier va-t-il être conquis ?

mercredi 3 septembre 2008

Pour l'invention d'un CAP high tech


" J'aurais du faire un bon vieux CAP à 16 ans, rémunéré direct, embauché direct. Avec un Bac Pro si je me serais  senti des velléités studieuses, " murmure Guillaume.
Il est assis sur l'unique pouf de notre studio parisien grandiloquent, Célie et moi en face de lui, le lit pour banquette. 
Guillaume parle d'un ton moins blasé, il plaisante presque, il va un peu mieux. Le petit bout de femme à côté de moi l'a bien aidé. Après être passé par tous les cas de figure, mon frère  a décidé de poursuivre ses études de brillante élite à la rentrée.
Célie a cherché avec lui tous les stages en année de césure  dans l'environnement qu'il pouvait faire.
Elle lui a dégoté toute une liste qui l'a presque ( il n'a encore retrouvé tout sa joie de vivre) enthousiasmé. Un stage longue durée pour élève des ESC en microfinance environnement pour monter des projets dans ce domaine, un autre avec l'OSEO, l'agence publique de soutien aux PME innovantes,... Elle n'a pas poursuivi car elle a des épreuves d'admission dans quelques jours mais lui a proposé de regarder à l'étranger. 
"En Suède et au Canada, je crois qu'il pourrait y avoir des pistes..."

 Elle a trouvé une carotte pour qu'il s'investisse dans les matières financières cette année. 
"Oui, moi aussi, murmure-t-elle, j'aurais du..." Et elle regarde la liste sur Internet :
" J'aurais fait un CAP Dessinateur d'exécution en communication graphique !
"Moi, j'aurais bien fait CAP Cuisine. Option Diététique enfants, dis-je, me prenant au jeu.
- Je suis pas sûre que ton option existe. Guillaume, CAP Opérateur des industries du recyclage, cela ne te tente pas ?
- Pas mal du tout ! Mais toi, pourquoi dessinateur d'execution ? Tu vas t'ennuyer...
- Oui, tu as raison. En fait, je cherchais un truc dans l'high tech, la création multimédia, mais je ne trouve rien en CAP,  il y a Concepteur Développeur en ingénierie des logiciels mais je crois que c'est après le Bac et à Bac+2 Technicien Supérieur en Maintenance et Support informatique...
- Quand je pense qu'il y a des CAP de vitrailliste et d'accordeur de piano mais rien dans l'informatique !... Ne me dites pas qu'un gamin de seize ans ne peut pas devenir un professionnel du web, des réseaux ou de la maintenance !"

dimanche 31 août 2008

Un jeune qui sait s'orienter en vaut deux ( Célie)



Quand je n'étudie pas, je vais chez le frère de Mathis, Guillaume.

Guillaume a abandonné avant la deuxième année la première école de commerce d'Europe (classement du Financial Times) où 55% des étudiants ont signe leur CDI avant la fin de leurs études et 2% seulement cherchent encore un emploi six mois après la sortie, où le premier salaire est à 55 Kiloeuros.

Bien orienté, le garçon pourtant. Il roulait vers la voie PDGesque quand je me trainais sur le chemin du RSA. Il a un an de moins que moi mais allait valoir trois fois ma personne.

Il est ingrat. Me direz-vous : c'est de famille. Il veut du SENS. C'est ce que j'ai retenu de ses explications désespérées, parfois rendues nébuleuses par l'alcool.
Du sens. Mais Guillaume, il y en a partout et nulle part, du sens. Pas de sens à la banque, à la finance, à l'assurance, au marketing, à l'audit, a-t-il maugréé. C'est pourtant ce qui gouverne le monde et en change la situation, ai-je rétorqué. Pas de réponse

Alors nous avons listé les activités avec le critère introuvable chez l'ONISEP ou l'Etudiant, celui du "sens selon Guillaume". ( répétons-le, selon Guillaume, je ne partage pas son point de vue.)
- Medecins en tout genre
- Chercheurs en sciences et technologies.
-Instituteurs
- Alimentaire ( ceux qui fabriquent ou cultivent des produits sains)
- Parents au foyer
- Fabricants d'high tech
- Constructeurs de maison
- Métiers de l'environnement
- Energie
- Gouvernement
- Police, Pompiers..

Mets-tu les métiers de l'humanitaire ? Non, je n'y crois pas beaucoup
Les artistes, les sportifs, les politiques ? Ce ne sont pas des vrais métiers.
Bon là dedans, que pourrais-tu faire ?
Pas médecin, après deux ans de classe prépa, c'est assez.
Les métiers de l'environnement ? Faut être ingenieur. Et alors, tu as bien fait une prépa ? Pas la bonne, j'ai fait une prépa commerciale scientifique... Pas scientifique.
Ah... C'est pareil pour les secteurs de l'énergie et du batiment, je suppose... Oui.
Et être instit' Déclassement. Mal payé, peu éliste, mes parent vont détester.
Idem pour pompier, police...

Je ne peux pas rester, je dois travailler, on continuera demain Guillaume. Réfléchis de ton côté.. Et... Et ? Non rien. Je n'ose pas lui dire de ne pas se faire son binge drinking en solitaire ce soir.

photos : http://www.freefoto.com


mercredi 27 août 2008

Content de se lever pour aller travailler le matin


Mathis n'aime pas son boulot, il est un sale ingrat. Il a un boulot. De cadre. A temps plein. Bien payé pour un jeun diplômé. Où il rencontre des individus puissants. 
Mathis veut un boulot où il ne travaille pas qu'avec des préjugés. Il ne veut plus avoir de RH autistes ou de managers versatiles pour clients ; il ne veut plus avoir de commerciaux arrogants qui carburent au fric pour candidats ; il  ne veut plus avoir de collègues mesquins et de boss docile.
Mathis n'aime pas son boulot, parce qu'il est un homme pourri d'éthique. Il voudrait recruter les femmes de cinquante ans sans emploi, les jeunes sans expérience. Du bas profil. Il est fatigué des trentenaires au CV modèle eux même fatigués des chasseurs. 

La question toute contemporaine : doit-on aimer son boulot ? Toute contemporaine et toute occidentale : les Chinois qui travaillent dix heures par jour ne doivent pas s'interroger, les Indiens, les Africains pas plus. Manger,  avoir un frigo, avoir un fils. 

Mathis aime son boulot. Quand il a eu un entretien avec un candidat passionnant et passionné qui correspond pile au poste, qui est mélomane, parle l'hindi et vient de lire La vie, mode d'emploi, de Perec.
Mathis aime son boulot. Quand il est remercié par un candidat de l'avoir conseillé pour l'entretien qui lui a été favorable, quand son client lui propose une nouvelle mission, content de ses services, quand il a son salaire qui augmente par ses résultats. 

Cela ne lui suffit pour être content d'aller travailler le matin.

Il va peut-être chercher autre chose, peut-être attendre un peu. Il retrouvera un emploi facilement, mon diplômé de grande école. Mon spécimen de la génération Y, versatile et exigeant.

Je retourne à mes préparations pour les épreuves d'entrée à l'école nationale des jeux numériques. Et, je sais, moi, que la peur du chômage continuera à  me tirailler longtemps le ventre, bien avant que ne vienne l'ingratitude.


samedi 23 août 2008

Ile-de-France ou province, l'emploi ou l'environnement


Déménagement sur Paris : nous n'avons pas eu accès à Internet pendant trois semaines. Vous avez du penser que nous étions en vacances et, vous y étiez vous même, en cette période estivale. Nous avons fait et défait nos cartons pendant que la France faisait et défaisait ses valises...

Papa connaissait des gens : dès que j'ai été embauché,  il nous a trouvé un mini-appartement intra-muros, au loyer exorbitant mais.... C'est Paris. Préavis d'un mois pour changement de situation et c'est parti, Célie et moi quittons Lille la familière pour la métropole aux métro, dédales sales, la métropole aux métropolitains parqués dans les rames, dans les chambres, dans la ville où en sortir est un long embouteillage. Mais.. c'est Paris. C'est du travail. Dans un périmètre de deux heures maximum de Châtelet en transport en commun, vous avez presque un tiers des annonces d'emploi de France.

Célie prépare les épreuves qu'elle passe début septembre pour entrer à l'école Nationale du Jeu et des Médias Interactifs : elle est pâle comme quelqu'un qui n'est pas sortie de l'été, elle est déterminée, elle a peur. Mon frère Guillaume, ah mon frère Guillaume, il gagne des concours de quantité d'alcool accumulée ; alors qu'il a gagné l'entrée à la meilleure business school de France. Je ne sais pas ce qu'il va faire à l'entrée, il n'a pas validé de stage.

Et moi... Je, je n'ose pas avouer que mon travail me mine, que je suis horrifié à l'idée d'exercer ce poste pendant au moins deux ans..

lundi 4 août 2008

La crise d'orientation


Mathis est allé voir son frère il y a une semaine et a appris que celui-ci,  en stage dans une banque dans le cadre de son cursus ,-la première école de commerce de France-, a tout abandonné dans des circonstances inquiétantes. (voir post précédent)

Une crise d'orientation. Ce n'est pas une étape ou une pathologie répertoriée. On parle de crise de nerfs, d'angoisse, de spasmophilie ; de crise d'adolescence ou de crise de la quarantaine...

Crise d'orientation, quel autre nom donner au mal dont le petit frère de Mathis est atteint ?
Il réalise avoir suivi une voie tracée aux pointillés par son entourage qui paie les péages sans avoir pensé que la destination finale ne lui convenait pas.


Crise d'orientation :  ce mal que je n'ai pas eu de façon aiguë et qu'aujourd'hui j'ai vécu trop tard. J'ai réalisé ne suivre aucune voie, que mon entourage m'a laissé libre de prendre tout chemin, pourvu qu'il soit gratuit, sans vérifier que le mien  se terminait en éboulis de pierres.


Je suis venue passer l'après-midi avec Guillaume. Il a fait des efforts pour m'accueillir convenablement : m'offrir un café et me demander si le trajet a été supportable .
D'après Mathis, son petit frère m'aime bien parce que je ne suis pas prétentieuse. 
J'évoque mon été chaotique, période de recherche orientante, de carriérologie, de course aux dates limites de candidature. Il se confie, s'inquiète : "tu n'écriras pas tout ceci sur votre blog?" Je le rassure : ses parents n'ont pas l'adresse et très peu de proches lisent tous nos posts.

Il me dit : "Ma mère est déçue ; mon père a commencé par être en  colère puis fait des propositions optimistes :  tu peux retrouver un autre stage dès maintenant, envoyer des lettres d'excuse, aller  souvent au cinéma ou faire du sport avec une amie. Tu peux profiter de notre maison en Bretagne et y emmener des camarades. En s'arrangeant avec le nouveau boss du stage que tu vas dégoter, tu pourras finir plus tôt le vendredi.

Dans l'après-midi, Guillaume reçoit un mail maternel : une liste d'offres de stages correspondant à son profil. Sa mère a déplacé le curseur vers le secteur des assurances : assistant chargé de portefeuille, stagiaire marketing et veille en société d'assurances, chargé de relations clients...

Il ne les lit pas ; il répond "un bien reçu, A+ Maman"

"Elle a au moins compris que je ne souhaitais pas faire carrière dans la banque", fait-il tristement.

mardi 29 juillet 2008

Mon frère ne peut plus (Mathis)




Sortie du TGV à 22h19 dans la gare lilloise.
Conversation excitée sur une chute de l'immobilier (parisien?) de deux cravatés de banque assurance depuis 20h58, départ de Paris.
Visite par métro suffocant, chaleur et sueur, à mon petit frère. Grâce à une heure indigne de départ du bureau-17h39.


Dans le clair-obscur de l'appartement, 22h32, un petit menton volontaire, des mèches blondes, Célie bosse, Célie oeuvre.
A un projet de jeu vidéo pour son dossier de Master Jeu et Médias Interactifs Numériques : elle a découvert hier cette formation providentielle. Cette formation qui recrute 5 étudiants issus de psychologie pour l'option ergonomie, et... pour laquelle il reste des places pour la rentrée 2008 !
19 août : date butoir pour répondre au sujet demandé, - le projet de jeu-, préparer les pièces complémentaires et renvoyer le tout.
Il reste une, deux, trois places ? Il y aura dix, vingt, cinquante candidatures ? Célie joue sans connaître sa chance et elle le sait. Alors, vaillante, elle a listé les formations auxquelles elle peut encore faire parvenir une épaisse enveloppe avec timbres et lettre vibrante de motivation. Deux semaines intenses l'attendent.

Oh, je devrais la laisser travailler mais, d'une moue émouvante, elle me fait signe qu'elle n'en peut plus... Alors, je me penche et j'épanche : mon désarroi fraternel ; Célie saura, Célie comprendra.




Dans trois ans, mon petit frère Guillaume pourra être chassé pour son diplôme, ses stages dans les boîtes du CAC 40, son anglais. Pour son diplôme. Accessoirement pour son intelligence fine, sa capacité de persuasion, cette empathie qui lui donne toujours une longueur d’avance, tout simplement parce qu’il a su comprendre ses interlocuteurs. Surtout pour son diplôme.
Il a vingt ans, le petit dernier de la famille, quatre ans de moins que moi et six que Natacha. Un an d’avance, une entrée cette année après classes prépa dans la plus fameuse business school de France : est le plus brillant de la couvée. Natacha se place en deuxième position avec son gros beau poste chez BNP Paribas, et moi ensuite, le moins bien côté, école moins bien classée et emploi dans une PME.

Maman m'a dit hier au téléphone que Guillaume n’allait pas. Elle est restée évasive mais…Angoissée.
Je sais qu’il boit trop ; je sais qu'il a été en coma éthylique au moins une fois cette année.
Je ne sais pas ce qui m'attend en sonnant à la porte de son appartement. 18h17

Il a les yeux très rouges, il est mal rasé. L'absurdité et la tristesse mondiale dans le regard. Il ne va pas.

Il a dit à son maître de stage, conseiller financier, que jouer avec l'argent allait lui faire perdre sa fille ; il a dit à un client qu'acheter cette seconde voiture était immoral. Quand le type s'est mis en colère et a demandé son argent, il lui annoncé qu'il venait de le transférer pour la recherche sur la sclérose en plaque. Guillaume avait bu.

Il a démissionné de son stage avant d'être mis à la porte.

Il a utilisé tout l'argent que lui donné Papa pour payer des lunettes à une étudiante en médecine dont les parents sont pauvres, et de l'alcool pour lui.

Il regarde des documentaires sur les maladies.

Il a les yeux très rouges, il est mal rasé. L'absurdité et la tristesse mondiale dans le regard. Je n'ai eu aucune réponse à lui donner.

Je suis trop épuisé pour continuer à écrire ce soir.

dimanche 27 juillet 2008

Planter des chargés d'orientovigilance à la sortie du lycée (Célie)

Géomaticien, bio-informaticien, Data Manager, chargé de pharmo-vigilance, cryptologue, Traffic Manager, Expert en datamining, galéniste.

Je n'avais pas idée de ces métiers avant d'étudier, en surfeuse sérieuse, le vaste domaine de l'orientation. Surfeuse sérieuse, ahurie et triste.

Triste de ne pas avoir eu de prof d'orientation au lycée, donnant un cour obligatoire avec devoirs et exposés à faire sur les métiers et formations inconnues.

Triste de m'être vautrée dans une voie où même en atteignant le bout au bout, le chômage est le lot de la moitié. Tristounette de ne pas avoir eu la sagacité d'utiliser intensivement la Web orientation : toute cette information prédictive qui propose aux jeunes lycéens ce qu'ils pourraient faire de leur vie.

Ahurie de toutes les possibilités.

Je ne connaissais pas non plus : Webmaster Editorial, Concepteur Rédacteur Multimédia, Scénariste multimédia, Designer d'interaction, designer d'information, Ergononome Multimédia, Concepteur E-learning.

Ces postes peuvent être mes possibilités ?

samedi 26 juillet 2008

Présentéisme et Kiloeuros par tête : notre temps est notre vie (Mathis)


Etre un salary man, le cadre type japonais ou même parisien, qui traite des affaires jusqu'à 21 heures, cadre performant et loyal ; son temps, son énergie au service de son entreprise. Carrière TGV Shinkansen ascendante vers des postes rémunérateurs, stratégiques, bandants.

Etre un employé de préfecture, qui rentre tôt, va chercher ses enfants et les aide à faire leurs devoirs, puis participe en soirée avec sa femme aux projets d'une association environnementale.

Le second travaille à peine quarante heures, pour un s
alaire juste correct à un poste à évolution quasi nulle.
Le premier voit à peine ses enfants et sa femme, e
t n'a pas lu un livre depuis dix ans.

Il existe aussi la superwoman, comme la candidate élégante et fébrile que j'ai rencontrée hier :
 trois enf
ants, responsable de comptes clés dans 
un groupe puissant sous pression, elle multiplie les heures pour ses cl
ients  et s'occupe de sa progéniture ; tout en lisant dans le métro. Mais elle divorce : son mari est las de former une équipe et non un couple. Elle a envie du  poste proposé : elle gagnera plus d'une centaine de kiloeuros sur des offres à des centaines de millions. Elle sera sûre que sa tête rapporte.



Et le p'tit junior, le p'tit con qui ne sait pas. Mon temps est ma vie. 


vendredi 25 juillet 2008

Web orientation ou auto accompagnement personnalisé (Célie)



La communauté virtuelle : mon coach polyphonique.
Aux décarrièrés, aux très seuls, aux filles et fils sans papa, la communauté virtuelle peut être la nouvelle solidarité. L'individualiste n'est pas l'homme lambda : je le réalise en étant épaulée, inopinément, par des hommes et des femmes de réseau. 



Une Rémi, comme raillent les gamins ; une fille de la fac sans bande de potes et sans ses vieux,  comme parlent les jeunes. Une Bac + 4 en SHL (sciences humaines et lettres) sans contacts, traduisent les statisticiens.

Entre les cours particuliers que je donne à des pré-adolescents en vacances louchant sur leur Wii en écrivant " ils s'on aller ",  j'ai réfléchi à une réorientation. Formation professionnalisante courte. Dans les métiers du Web. 

NB : Mathis et moi avons le même style, a commenté son frère, badaud de notre blog. 
Depuis deux ans, nous écrivons ensemble le dimanche soir et à nos moments perdus, comme d'autres couples jouent à Super Mario.  L'histoire à bidouiller à deux, c'était avoir les yeux sur le même écran. Comme les couples qui jouent à Super Mario ou commentent les émissions télévisées. L'histoire à bidouiller à deux, c'était se créer une coconnière lovant notre imagination sans RTT artistique.
L'ambition : la terminer. Un jour. Aujourd'hui, nous détenons un brouillon de cent cinquante pages, qui pourra d'ici quelques mois ou dans quelques années être lue par une  tierce personne. Aujourd'hui, nous avons intégré nos tics réciproques, mixé nos écritures et... Mathis et moi avons le même style.


mercredi 23 juillet 2008

LE PROJET PROFESSIONNEL (Partie 2 )


"Cela dépend de ton projet professionnel"... Ils claironnent à l'unisson les bien intentionnés les bien polis, rompus à ce mode à la mode : le projet professionnel.

Projet professionnel, ce package customizé à sortir devant le RH, l'agent ANPE et tous ces merchandisers de people, qui cherchent à mettre joliment les gens dans des postes : moi j'ai pas.

Projet professionnel : il faut toujours en avoir un tout chaud, bien doré. 
Moi, j'ai pas.

Cela s'invente, un bon projet professionnel pile poil, cela ne doit pas être plus complexe qu'un synopsis de comédie guimauve. 
Depuis le début de la semaine, je peux annoncer une honorable productivité : j'ai en tissé à la douzaine.

Depuis le début de la semaine, je me suis dit qu'il ne fallait pas simplement en inventer un pour faire impression.

C'est bientôt la fin de la semaine : j'ai trouvé un ou deux bons projets pour lesquels je me sens l'enthousiasme hyperactif d'un enfant à l'entrée d'une aire de jeux. 
Je ne peux admettre qu'un projet reste projet. J'dois en être la maître d'oeuvre autant que d'ouvrage. 
Etant donné mon état de qualification catastrophique, une réorientation immédiate est requise. 

A côté, Mathis, mon amoureux le chasseur de têtes, travaille en home office ; il essaie de convaincre un cadre commercial qu'avec les deals qu'il aura dans le job qu'il lui propose, il pourra tout à fait d'atteindre ses objectifs quantitatifs et devrait atteindre les 110 Keuros.

mardi 22 juillet 2008

Outsourcing de blog


Mathis me confie son blog car il a dix-huit têtes chassées à mettre sous dossier ; Mathis n'est pas seulement un braconnier : c'est une marieuse,  il doit satisfaire aux exigences de la société cliente tout comme aux caprices du prétendant qui veut pour dot la dernière BMW. Mathis note les modèles de voiture dans sa base et demande aux chassés s'ils possèdent les huit ans d'expérience en vente de services web pour les grosses sociétés d'assurance exigées. Mathis ne dit pas ce qu'il pense, mais que tel client n'offre que des Nissan et que trois ans d'experience dans la vente de services web pour des banques, cela n'ira pas.

L'écriture bloggeuse, ce journal intime mis à poil sur la toile, ce journal public à prétention gidienne et qui devient un album photo avec légendes en langage sms, j'en étais  plutôt la contemptrice, alors que je suis  internautomane.
Aussi je n'ai jamais crée mon blog, aussi quand Mathis a décidé de disserter sur mon cas dans son tout nouveau blog de tout nouveau jeune cadre, je me suis retenue de le pirater.

Puis, cela m'a amusé et comme les RH ou les boss des boites pour lesquelles j'ai postulées ne me répondent pas, je doute qu' ils aillent lire ce blog...
Et j' accepte d'y écrire. 

Célie

dimanche 20 juillet 2008

LE PROJET PROFESSIONNEL (Partie 1 par Celie)



Ni plongée ni contre-plongée sur ses  études ; on les commence "en attendant". Ni plongée ni contre-plongée sur son parcours : on continue la fac parce qu'on la commencée.

Je ne suis pas un petit mouton tout cool, tout révolté, tout plaintif, tout manifestant. 
Je ne crois que c'est la faute du gouvernement, des patrons, des parents si comme une conne, je suis allée en psycho et j'y suis restée quatre ans.

Je n'avais pas de projet professionnel ; j'avais un rêve. (dans le monde du cinéma, comme tant de jeunes oies, mais j'voulais être une scénariste )

Honnêtement, bien en gros plan,  je n'ai toujours pas de projet pro et, le rêve, le rêve, eh bien je n'arrive pas à le mettre dans la catégorie "délires de jeunesse." 

J'ai vingt-deux ans et je suis prête à de nombreux  scénarii pour qu'une entreprise me propose un bout d'essai...

samedi 19 juillet 2008

Quel est l'emploi (ou les emplois) que vous cherchez ? Ce que vous avez, M'dame !


C'est la première question du questionnaire de préparation de l'entretien à l'ANPE ; Célie ne sait pas. Plus exactement, elle sait que les emplois qu'elle cherche ne lui sont pas accessibles.

En 3 semaines, elle a répondu à assez d'offres pour avoir vérifié qu'elle n'est pas un bon produit.
Sur le marché, elle n'a plus qu'à se mettre en promo.

Elle cherche un emploi de : conseillère sociale, chargée de recherche, animatrice socio-culturelle, assistante en recrutement, assistante en communication interne, conseillère pédagogique pour cours à domicile,  chargée d'ét
udes statistiques , aide médi-psychologique, animatrice scolaire, ludothécaire, coordinatrice pour ateliers de réinsertion...

Parce qu'elle correspond aux critères.

mardi 15 juillet 2008

réseauter ou se foutre de la gueule du monde



Plus de 2 semaines ont passé depuis mon dernier post, 2 semaines à une grosse cinquantaine d'heures :  d'une mission le premier jour, j'en gère maintenant cinq. 
Si je n'avais pas à faire l'aller-retour Lille-Paris tous les jours, en attendant un déménagement sur la capitale, j'aurais sans doute travaillé dix heures de plus.

Les candidats sont des dossiers classés en catégorie 1 ou 2 selon leur conformité au profil recquis ; les candidats sont des Kiloeuros par an ; les candidats sont des employés issus d'une bonne caste académique professionnelle :  pour les clients des groupes américains, la  varna supérieure est la grosse société concurrente d'envergure internationale (traduire : principalement américaine) , pour les clients des entreprises françaises, la varna supérieure, est le diplômé des grandes écoles les mieux classées ou de l'école qu'ils ont fait eux- même.

Les candidats sont des ressortissants de réseaux, des anciens, des référencés, des recommandés,  cooptés.

Elle a découvert, très rapidement, Célie, qu'elle n'avait même pas de contacts, qu'elle n'avait jamais réseauter. Je me souviens de notre soirée Viadéo au début du mois, l'un et l'autre à créer son profil : moi, pour mieux chasser, elle pour être trouvée.

mercredi 2 juillet 2008

En cours de statistique, les étudiants en psychologie devraient apprendre leur taux de chômage à la sortie


Elle a passé les sites d'emploi,  les job board, au filtrage intensif, à coup de mots clés, élargissant, élargissant sa recherche jusqu'à tomber sur des postes qui n'avaient plus un dénominateur commun avec ses possibilités " Contrôleur senior de l'offre bancaire N pour enfants de clients " Elle avait tapé " enfants." 

Célie a confirmé mes pronostics silencieux : les quelques offres demandant des diplômés en psychologie, les veulent vraiment psychologues ( bac +5) spécialisés du travail, et avec de l'expérience. Pour des postes en CDD payés un tiers de mon salaire.



lundi 30 juin 2008

première mission





Avance rapide sur la matinée de prise de poste, visite, présentations et installation. L'après-midi, tout commence.

Je dois recruter un ingénieur commercial : cela ne semble pas très complexe. 


Il doit avoir au moins cinq ans d'expérience. Classique.
Parler anglais. Logique.
Avoir fait une école d'ingénieur. (ou de commerce) La tradition française dans tout son conformisme : banal.

Avoir été commercial dans le software. D'accord.
Posséder une expérience  des solutions proposées en mode ASP. Le jeu se corse, vous devez le reconnaître : il faut déjà comprendre la signification du terme ASP ( Application Service Provider : mode locatif et mutualisé remplaçant l'achat du logiciel par le client ) 
Avoir une connaissance de comptes dans le secteur de l'industrie de défense. La petite précision qui confirme la nécessité de l'appel au chasseur de têtes.


Au téléphone, le client a ajouté quelques commentaires  qui ne seront pas écrits : environ trente-cinq ans, venir d'une entreprise non partenaire et reputée, avoir eu des résultats positifs, ne pas être au chômage, être capable de travailler le soir et le week-end, être mobile sur France entière. Avoir du charisme.

Il n' a pas ajouté ne pas tomber enceinte, ne pas avoir un accent étranger  ou banlieusard, ne pas être boutonneux.

Il voudrait une short list de cinq candidats pour le 13 juillet.


dimanche 29 juin 2008

les juniors et les chômeurs


Lundi, Célie, qui ne parle pas anglais et n'a pas fait de stage, va s'inscrire aux ASSEDICS.

Son expérience est diversifiée : équipière MacDo, femme de ménage, distributrice de gratuits, professeur de soutien scolaire...
Elle a une maîtrise en psychologie.  

Les diplômées de cette discipline qui n'ont pas l'option" (psychologie) du travail"ne figurent que sur des short list de fonctions publiques et des associations. 
Célie n'a même pas tenté un p'tit concours ou deux. Un manque d'enthousiasme pour des examens anachroniques ; une mauvaise influence de ma part qui dénigre les prétendants à la fonctionnarisation.

Management culturel privé. Sciences de l'information et de la communication : théories, cultures et internationalisation. Communication des entreprises et des institutions  : elle a postulé pour les masters 2 qui lui offraient un métier. Mais sa candidature n'était qu'une candidature parmi les centaines. Une étudiante de fac de psycho.
 
Célie est opiniâtre ; Célie est pédagogue ; Célie est dévouée, est consciencieuse, est avant-gardiste : cela ne se voit pas sur son CV. On y lit : ex-étudiante de fac de psycho. 

Lundi, je vais chercher les profils bien orientés

mercredi 25 juin 2008

Après les études, il y a....


Un jeune  petit couple en ménage, mignon et souriant ; un jeune petit couple au chômage, déçu et décevant.Qui lisent des annonces, qui répondent à des annonces, qui envoient des cvs spontannés, qui participent à des forums de recrutement, à des chats de recrutement, à l'alimentation de dizaines de cvthèques comme des livres jamais empruntés dans une bibliothèque nationale.
Un couple qui ne gémit plus d'excitation à se masturber avant une pénétration extatique : un couple qui gémit d'impuissance à se coacher après le refus mécanique,  de leur candidature poisseuse de motivation.
Scène d' anticipation  dont le montage s'est accéléré quand Célie m'a marmonné jeudi dernier, pro-passive, "j' dois chercher du boulot, aucune université ne m'a prise."
En France, entre la quatrième et la cinquième année d'études supérieures, nommées master 1 et master 2,  il existe une sélection : vous pouvez donc être refoulé de la fac où vous vous étiez installé, confortable et dilettante depuis huit semestres. C'est Célie qui me l'a appris, en envoyant ses dossiers avec sept enveloppes à différents formats,  avec  deux dissertations obligatoires,  douze relevés de notes en triple exemplaire ( bulletins de terminale compris) et deux lettres de recommandation manuscrites unique
ment sur les deux formulaires prévus à cet effet. Tout dossier incomplet ne sera pas examiné.
 
Je venais  d'être diplômé deux jours auparavant et n'avais pas encore eu de réponses  pour un premi
er job.  Je venais d'être diplômé d'une école de commerce plutôt bien classée, je ne m'étais pas inquiété, je n'avais envoyé de candidatures que la semaine dernière. Mais peut-être aurais-je du...
La scène d'anticipation n'était pas prophétique.Pas de double assurance chômage, pas de visite conjugale mensuelle à l'agence pour l'emploi  :   j'ai eu un CDI aujourd'hui. Signé. Pour commencer lundi.
"Tu as eu raison, Papa, pour l'école de commerce à neuf mille cinq cent euros l'année. J'ai compris que l'important, ce n'était pas de s'en sortir grâce à sa volonté, son travail, son audace et sa perséverance mais par les summer bilingual holidays, la réputation du diplôme et les deux stages pistonnés dans des groupes dont les pubs passent à la télé."
Lundi, je deviens consultant junior dans un cabinet international de chasseur de têtes.