dimanche 28 septembre 2008

Avant-dernier message avant fermeture

Ce blog devait durer trois mois. 

Il n'a pas été aussi fourni que nous l'aurions aimé. Il est resté plutôt confidentiel. 

Nos posts n'étaient pas des révélations, rien pour créer ou alimenter un buzz, nos posts n'étaient pas sulfureux, comiques ou didactiques ; nous n'avons pas de relations e-connues, nous n'avons jamais rien fait qui ne mérite la vidéo sur YouTube ou la brève locale, nous ne sommes pas des internautes engagés, commentateurs invétérés sur des dizaines de sites, postant sur des blogs très visités. Nous n'avons à peine réseauté, osant dédaigner Facebook : Célie s'y est inscrite, mais a déserté le réseau, j'y suis absent.

Nous n'avons pas bougé notre cul sur le Net pour qu'on le voit parmi tous ceux qui frétillent, les uns à la fesse gauche tatouée : "c'est la faute à Sarkozy" ; les autres essuyant sur la Toile leurs défections sur leur pouvoir d'achat.
 
Nous ne vivons pas à l'intérieur d'Internet. Nous avons passé trois mois à devenir adultes. Adultes ou peut-être lucides, adultes ou peut-être hyper réalistes, adultes ou peut-être opiniâtres.

Vous pouvez  lire le récit de ces semaines en cliquant sur  le premier post intitulé " Mathis Jour 1",  ce ne sont pas les commentaires à chaud des dépêches de l'AFP de l'heure mais je pense que leur actualité n'est pas obsolète, que notre histoire peut faire dessiller quelques jeunes inconscients, et faire réfléchir leur aînés sur l'orientation de leur progéniture.

photo : http://gimp-savvy.com/PHOTO-ARCHIVE/

samedi 27 septembre 2008

Se préparer à innover.


Je vais rester chasseur de têtes. Pendant un an, maximum deux. Ma période d'essai prend fin : mon manager est content, et veut augmenter mes objectifs. 
Démarcher des  boîtes de jeu vidéo ? A ma proposition, il a haussé les sourcils puis a approuvé.  Trouver des missions de  spécialistes en neurologie et bio informatique, ingénieurs ou médecins, c'est mon deuxième but mais j'attends d'avoir fait quelques enquêtes prospectives au niveau des laboratoires avant d'en parler.

Comment et quoi réaliser au niveau professionnel ? J'y ai réfléchi souvent ces derniers mois, comme Célie, comme mon frère. Génération sans loyauté.

Monter une start-up. Ensemble, tous les trois.
Une start-up créant des jeux vidéos pour améliorer la santé. La Wii le fait dans une certaine mesure, elle est utilisée pour la rééducation dans les hôpitaux, pour les brûlés, pour les personnes âgées.
SmartbrainGames avec la NASA a trouvé des jeux pour améliorer la concentration des enfants et certaines pathologies.
Mais il reste encore à explorer.
Célie, la future Game Designer aux compétences d'ergonome psychologue, qui créera ; Guillaume, le gestionnaire et financier, futur diplômé d'HEC qui planifiera et dirigera et moi le chercheur de talents et commercial, qui recruterai, fidéliserai, motiverai. Nous serons le noyau dur de la  start-up. Nous en avons parlé toute la nuit. Nous avions tous les trois quelques projets de création, en forme de puzzle dans notre esprit : nous les avons assemblé. 

mercredi 24 septembre 2008

Je vais aider les vieux à s'éclater ou pisser du code ?


Concours d'entrée à l'école nationale des jeux vidéos (Enjmin) 
Célie Martin                                     ADMISE.
Je vais travailler dur. Je vais travailler dur pour que ce master Jeux Numériques option ergonomie me donne un emploi. Je vais travailler dur pour faire partie d'une équipe qui conçoie des jeux pour les vieux, les autistes, les tristes, les gros. C'est moi qui sera l'attention au confort tactile, visuel, au design des touches, à la maniabilité des commandes, au plaisir physique des actions... 

 
Les nuits et les jours de travail d'août et de septembre à m'immerger dans la game culture. Pas simplement en  joueuse ou en observation. Devenir geek, un geek doué d'une fonction Business, et d'une autre Project. 

J'ai réussi mais ai-je réussi un concours qui me prémunira du Chômage ? Quelques clics et quelques mots clés sur les sites d'emploi ne me rassurent pas. 

 Ergonome Jeux vidéos : aucune annonce ne correspond à votre recherche. 

Ce sont des Level Designers, des Game Designers qui sont demandés, vais-je avoir quelque chose ? Puis-je devenir au moins Level Designer  ? Ce n'est pas un métier à grand effectif. 

Je suis également  admissible pour faire une formation de webmaster analyste-programmateur, un an ou deux ans de formation avec stage et j'aurai un emploi. C'est sûr.

Cependant, le diplôme est moins prestigieux, moins élevé. Et, cela ne me fait pas briller les yeux. 

Moi, la chômage-phobique,  je prends le risque.  Du master professionnel Jeux &Médias Interactifs numériques coloration ergonomie.
En plus, comme assurance, je vais  apprendre la programmation le soir avec des tutorials. Dans deux ans, je devrai maîtriser C et C++ .

De toute façon, on ne peut pas être vacciné contre le chômage.  Il faut avoir le comportement préventif  : connaître les compétences demandées sur le marché, accepter tout emploi aux conditions légales  surtout lorsque l'on est junior ou senior. Et veiller. Veiller en permanence.

C'est un master de deux ans avec une troisième année possible pour projet personnel. Si mes travaux et mes stages ne sont pas assez convaincants pour les employeurs,  je prendrais la troisième pour surenchérir.

Je vais travailler dur. 

vendredi 19 septembre 2008

Réorganisation universitaire & reclassement des étudiants refoulés

"Mais on ferait quoi des refoulés à l'entrée  ? j’interroge Célie, fermement décidée à établir un quota d’étudiants pour la fac.  

 - On leur propose d’autres filières....

- Exemple ?    

- Quelqu’un qui postule à psycho, on le met en formation de puéricultrice ou auxiliaire de puériculture, ou aide médico psychologique pour les personnes âgées ou autre selon ses choix. On pourrait aussi en mettre en biologie informatique, enfin d

ans les voies  en demande.

Mais il restera quand même des étudiants vu le nombre qui vont en première année de psycho, on ne peut pas tous les recaser dans d'autres formations...

-       Pas sûr, si on en arrête certains après la troisième : pour être coiffeur, faut avoir un peu de psychologie afin de bien savoir quelle coupe veulent les gens…

-       On pourrait en mettre en marketing aussi.

-    Oui, y faut connaître les gens pour  connaitre les clients, approuve Célie. On pourrait les mettre en alternance dans un département marketing et leur donner une option "psychologie du comportement consommateur " si ils veulent"

-       Donc on fait notre quota par filière mais comment les établit-on ?

-       En fonction du nombre de diplômés de licences et masters que l'on souhaite pour le marché de l'emploi.

-      C'est un véritable Selling Students Planning  que tu nous lances là ! Tu vas nous mettre les antichambres des partis politiques, ces syndics d'étudiants qui n'étudient plus que l'art de causer aux journalistes  dans la rue et chez le Ministre... Et la recherche ? Il en faudrait une bonne, une vraie !

-       Pareil : on établit combien de chercheurs on veut dans quel domaine et on sélectionne à la fin de la licence qui est constituée de deux ans d'apprentissage et un an à l'étranger des étudiants capables de proposer un projet de recherche  

-       Et si quelqu’un veut étudier l’histoire de l’art ?

-   On le met en publicité, en infographie, animation 3D ou en immobilier et à chaque fois avec option histoire de l’art si il le veut...  

-  Et les frais ?

- Les étudiants sont en apprentissage donc payés, ils versent 5% à la fac.

- Tu as pensé à tout..Mais entre les stagiaires et tous ces apprentis, restera-t-il assez de places pour les jeunes diplômés ?

- J'interdis les stages sauf ceux de découverte : maxi trois semaines, dit Célie d'une voix ferme."

Et  j'ai l'impression qu'elle n'a pas que des idées de jeux vidéos entiers dans sa tête, qu'elle a y crée un système d'études universitaires intégral. Jusqu'où est-elle allée ?  Elle a peut-être imaginé un nouveau lycée, vraiment nouveau, pas un toilettage rituel, elle a peut-être imaginé une nouveau collège, une nouvelle école primaire....Je l'interroge, elle me répond en rougissant que oui : 

"Oui, j'ai tout un système éducatif là dedans... Et c'est mouvant. Je réfléchis sur un cours de finance pour troisièmes avec étude de la déclaration en ligne des impôts, du crédit, des mutuelles...."

Si seulement on pouvait créer des prototypes scolaires, comme on le fait pour des yaourts ou des prologiciels....

photos :Photos Libres

lundi 15 septembre 2008

Une politique universitaire de quotas


Elle se ronge les ongles, se grignote le sommeil, se tord le ventre : Célie est en environnement d'attente, un peu bloquée. Elle a passé les épreuves d'admission de l'Enjmin, d'autres entretiens pour des masters secteur multimédia et, les réponses vont tomber dans les prochains jours.  Ne peut pas partir se détendre, ne peut pas commencer une activité, ma petite chérie, alors elle cherche des  formations en cas de refus généralisé. 
Vous ne voulez pas la charger de refaire le site de l'ONISEP, ma Célie ? Elle saurait l'actualiser, elle qui se plaint tellement de leur présentation obsolète des métiers et qui pourrait orienter quelqu'un qui s'intéresse à la macrobiotique,  comme au nucléaire ou au droit des robots.
Pourquoi n'est-elle pas devenue conseillère d'orientation-psychologue ? "J'y connaissais rien il y a quelques mois et puis je déteste ces conseillers, qui ne disent jamais que le projet du gamin est complètement foireux, qu'une école de cinéma c'est pas une idée de métier..."
Elle suit avec grande attention les réformes de l'université :
" T'es fan de Valérie Pécresse ?"  Je lui demande alors qu'elle regarde le blog de la Ministre
Elle se récrie et je la mets au défi :
" Ce serait quoi pour toi une bonne fac ? Un bon système de facs ?
- Ce serait une fac avec des quotas, quotas d'étudiants par filières.Une fac avec apprentissage dès la première année ; une fac où les profs sont pédagogues, sont sélectionnés sur leur capacité à donner un cours ; une fac où les bibliothèques sont ouvertes le soir, une fac avec des cours en anglais, un système universitaire administratif zéro papier : chaque étudiant a son dossier en ligne qu'il garde même en changeant de fac... ( suite demain)

vendredi 5 septembre 2008

la littérature du curriculum vitae


La littérature CV est une matière qui s'enseigne à Bac + chômage : on trouve des cours sur Internet sur les sites d'emploi, on trouve des cours à l'ANPE et dans tous les endroits sociaux.

Le programme n'est pas fixe. Il existe plusieurs courants qui évoluent suivant les modes et les secteurs. Chacun sait qu'il ne faut pas écrire cinq pages et éviter les phrases proustiennes. Les CV les plus basiques proviennent des gens qui n'ont pas besoin  de se vendre en s'époumonant sur le marché " Achetez ce beau jeune bien frais, motivé, mobile, seulement 25 Ke !"
Ce crieur de marché écrit généralement un slogan en en-tête de son CV : La communication, une passion que je veux mettre à votre service. Il fait des effets graphiques sophistiqués qui ne permettent pas de lire dans le bon sens et trois phrases pour simplement dire qu'il se débrouille en anglais et ajoute qu'il a été deux semaines en voyage linguistique.

Le cv du gars chassé, lui est sans couleur, sans image, police uniforme. Ni résumé ni titre. Il n'est pas à jour et il est elliptique. Dates, poste, lieu. Il faut lui retéléphoner pour lui demander ses résultats, ses clients. Lui dire de faire une rubrique extra-professionnelle.

Dans les différents courants de l'art CV, il existe l'école orienté business : des chiffres à chaque ligne. Le pourcentage de dépassement des objectifs, le montant des contrats, le nombre de contrats. Ils  liront à peine la partie diplôme. Contrairement à l'école élitiste à la française.  
Pour celle-ci, l'important est de bien noter la promotion de la grande business school ; ensuite, ils vont regarder le nom des entreprises ( il ne faut pas que ce soit des PME mais le Cac 40, trois ans mini) Ensuite l'anglais, et l'autre langue : n'importe quoi, pourvu que cela ne soit pas un dialecte africain, un critère valable aussi pour l'école orientée business.
Enfin l'âge, pas de jeunes, pas de vieux. Vive la France !

Il existe aussi un courant qui souvent s'amalgame avec les éléments des deux autres écoles car on le trouve rarement à l'état pur : il s'agit de l'école Personnalité.
Il faut avoir des activités extra-professionnelles, s'investir dans une association, un sport... Avoir des passions peu communes, avoir monté des projets. Avoir habité dans un autre pays.
Un candidat qui est pilote de BMX, et pratique parfois le ball-trap (sport de tir) , anime une communauté virtuelle pour pères d'adolescents, (il en a trois),  qui aime la TeckTronic et le slam, lit des essais d'économie et a travaillé en Corée du Sud pendant trois ans. 

Mais l'école Personnalité ne donne pas l'expérience et les diplômes, elle permet de savoir que l'individu est persévérant et aime le risque (BMX), est solidaire, empathique et dans son temps (communauté d'ado) ouvert, curieux, cultivé ( son goût pour le slam et l'économie) et adaptable. (Corée) 
Et le candidat  risque de ne pas être assez servile, ou dévoué - pour être moins péjoratif-, ou loyal et très disponible pour employer les mots euphémismes du client. (qui vit pour et à son travail)


Donc la littérature du CV : ne surtout ni faire un roman ni une affichette publicitaire. Etre concis et précis, mots clé, missions majeures et niveau réel en langues. 
Les formes imposées de poèmes en alexandrins ont autrefois crée des vers de contorsionnistes géniaux. Le Cv n'est pas un art, me direz-vous. Peut-être, mais c'est un exercice de bravoure interactif. Un lecteur recruteur, un écrivain candidat : le premier va-t-il être conquis ?

mercredi 3 septembre 2008

Pour l'invention d'un CAP high tech


" J'aurais du faire un bon vieux CAP à 16 ans, rémunéré direct, embauché direct. Avec un Bac Pro si je me serais  senti des velléités studieuses, " murmure Guillaume.
Il est assis sur l'unique pouf de notre studio parisien grandiloquent, Célie et moi en face de lui, le lit pour banquette. 
Guillaume parle d'un ton moins blasé, il plaisante presque, il va un peu mieux. Le petit bout de femme à côté de moi l'a bien aidé. Après être passé par tous les cas de figure, mon frère  a décidé de poursuivre ses études de brillante élite à la rentrée.
Célie a cherché avec lui tous les stages en année de césure  dans l'environnement qu'il pouvait faire.
Elle lui a dégoté toute une liste qui l'a presque ( il n'a encore retrouvé tout sa joie de vivre) enthousiasmé. Un stage longue durée pour élève des ESC en microfinance environnement pour monter des projets dans ce domaine, un autre avec l'OSEO, l'agence publique de soutien aux PME innovantes,... Elle n'a pas poursuivi car elle a des épreuves d'admission dans quelques jours mais lui a proposé de regarder à l'étranger. 
"En Suède et au Canada, je crois qu'il pourrait y avoir des pistes..."

 Elle a trouvé une carotte pour qu'il s'investisse dans les matières financières cette année. 
"Oui, moi aussi, murmure-t-elle, j'aurais du..." Et elle regarde la liste sur Internet :
" J'aurais fait un CAP Dessinateur d'exécution en communication graphique !
"Moi, j'aurais bien fait CAP Cuisine. Option Diététique enfants, dis-je, me prenant au jeu.
- Je suis pas sûre que ton option existe. Guillaume, CAP Opérateur des industries du recyclage, cela ne te tente pas ?
- Pas mal du tout ! Mais toi, pourquoi dessinateur d'execution ? Tu vas t'ennuyer...
- Oui, tu as raison. En fait, je cherchais un truc dans l'high tech, la création multimédia, mais je ne trouve rien en CAP,  il y a Concepteur Développeur en ingénierie des logiciels mais je crois que c'est après le Bac et à Bac+2 Technicien Supérieur en Maintenance et Support informatique...
- Quand je pense qu'il y a des CAP de vitrailliste et d'accordeur de piano mais rien dans l'informatique !... Ne me dites pas qu'un gamin de seize ans ne peut pas devenir un professionnel du web, des réseaux ou de la maintenance !"